BLOG 50
22.07.2011
09:54

Happy ending au Concertgebouw

Jour après jour ce blog a raconté la riche histoire des 50 ans de l’Orchestre. Ce cinquantenaire étant désormais accompli, le dernier « post » de ce blog historique s’achève, un peu volontairement  par un retour au présent en rappelant que l’Orchestre Philharmonique – Royal – de Liège termine sa saison dans un des hauts lieux de la musique classique, le Concertgebouw d’Amsterdam, ces 21 et 22 juillet.

 

L’OPLR a célébré la fête nationale belge par des œuvres proposées en mai dernier à Varsovie et à Vienne, cette fois sous la direction de Pascal Rophé. Standing ovation pour le concert d’hier qui comprenait le Chasseur Maudit et les Variations Symphoniques de Franck ainsi que la 2e Suite de Daphnis et Chloé et le Boléro de Ravel. Jean-Claude Vanden Eynden était aux commandes des Variations symphoniques. C’est d’ailleurs à ses côtés que l’Orchestre de Liège donna son premier concert au Concertgebouw d’Amsterdam le 12 décembre 1972. Paul Strauss dirigeait à l’époque la Symphonie n°39 de Mozart, le Concerto en sol de Ravel et les Variations « Enigma » d’Elgar.

 

Pour l’ultime concert de sa saison anniversaire, l’Orchestre interprètera ce vendredi le Prélude à l’après-midi d’un faune, le 3e Concerto pour violon de Saint-Saëns, avec Yossif Ivanov avant de terminer symboliquement par son cheval de bataille, la Symphonie de Franck… Ensuite, le chemin de vacances largement méritées pour tous…

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Répétition au Concertgebouw, Amsterdam, 21 juillet 2011 (Photo Robert Coheur).
Répétition au Concertgebouw, Amsterdam, 21 juillet 2011 (Photo Robert Coheur).
Pascal Rophé et l'OPRL à l'issue du concert, Amsterdam, Concertgebouw, 21 juillet 2011 (Photo Robert Coheur).
Pascal Rophé et l'OPRL à l'issue du concert, Amsterdam, Concertgebouw, 21 juillet 2011 (Photo Robert Coheur).
Standing ovation pour l'OPRL, Amsterdam, Concertgebouw, 21 juillet 2011 (Photo Robert Coheur).
Standing ovation pour l'OPRL, Amsterdam, Concertgebouw, 21 juillet 2011 (Photo Robert Coheur).
21.07.2011
09:41

L'OPL sur les terres de Calatrava

En octobre 2007, l’OPL revient en l’Espagne, quatre ans après sa précédente tournée. C’est Louis Langrée, l’ancien directeur musical et non Pascal Rophé qui est aux commandes de l’Orchestre : la tournée avait été décidée bien avant la fin de son mandat. Castellon, Saragosse, Pampelune, Valladolid, Valence et Barcelone se partagent la Deuxième Symphonie de Brahms et la Symphonie de Franck. Deux violoncellistes et non des moindres accompagnent l’Orchestre : Truls Mørk dans le Concerto pour violoncelle n°1 de Chostakovitch et Anne Gastinel dans le Concerto de Schumann. A Valence, on déguste non seulement la paëlla la plus authentique d’Espagne, mais on en profite pour visiter la vieille université, l’imposante cathédrale, et surtout la Cité des Arts et des Sciences dessinée par Santiago Calatrava, l’architecte de la future Gare des Guillemins de Liège. A Barcelone, une quarantaine d’Amis de l’Orchestre assiste au concert et se réunit à la sortie des artistes pour applaudir un à un chaque musicien. Les concerts séduisent près de 6000 spectateurs et obtiennent d’excellentes critiques :

 

« Il est sans cesse plus difficile de découvrir des orchestres qui aient leur propre identité sonore […].  C’est pourquoi il faut souligner le mérite de l’Orchestre Philharmonique de Liège, seule formation symphonique de la Communauté francophone de Belgique. Il a un peu plus de quatre décennies d’histoire et sa position sur l’échelle internationale pourrait être celle d’un orchestre méritant de deuxième rang, comme c’est le cas de la majeure partie des orchestres espagnols. Mais, en plus de la qualité du son, ce qui distingue l’orchestre belge, c’est sa volonté de conserver une identité sonore qui lui est personnelle. Il l’a démontré brillamment lors de sa tournée espagnole sous la direction de Louis Langrée, tournée qui s’achevait cette semaine à l’Auditori de Barcelone. » (Javier PEREZ SENS, El Pais, 27 octobre 2007).

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Truls Mørk, Louis Langrée et l'OPL à l'Auditorium de Saragosse, 17 octobre 2007 (Photo Stéphane Dado).
Truls Mørk, Louis Langrée et l'OPL à l'Auditorium de Saragosse, 17 octobre 2007 (Photo Stéphane Dado).
Anne Gastinel dans sa loge, au Palau de la Musica de Valence, 22 octobre 2007 (Photo Stéphane Dado)
Anne Gastinel, Louis Langrée et l'OPL à l'Auditori de Barcelone, 23 octobre 2007 (Photo Stéphane Dado).
Répétition à l'Auditori de Barcelone, 23 octobre 2007 (Photo Stéphane Dado).
Répétition à l'Auditori de Barcelone, 23 octobre 2007 (Photo Stéphane Dado).
Anne Gastinel, Louis Langrée et l'OPL à l'Auditori de Barcelone, 23 octobre 2007 (Photo Stéphane Dado).
Anne Gastinel, Louis Langrée et l'OPL à l'Auditori de Barcelone, 23 octobre 2007 (Photo Stéphane Dado).
20.07.2011
12:31

Varsovie et Vienne

En mai 2011, dans le cadre de son 50e anniversaire, l’OPL se rend à Varsovie (c’est d'ailleurs son tout premier voyage en Pologne) et à Vienne. Un charter est spécialement affrété de l’aéroport de Liège Bierset pour la petite centaine de musiciens. L’essentiel du matériel et les gros instruments ont filé directement par la route dans le camion de l’Orchestre.

 

Le 17 mai,  les musiciens découvrent la salle de la Philharmonie de Varsovie dont l'acoustique est idéale pour les uns ou trop réverbérante pour les autres.  Ils interprètent avec Louis Langrée et Yossif Ivanov le Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy, le 3e Concerto pour violon de Saint-Saëns, une œuvre enregistrée quelques temps avant avec Tedi Papavrami)et la Symphonie de César Franck. Parmi les invités du concert, l’ambassadeur de Belgique, le Délégué Wallonie-Bruxelles à Varsovie, le président de l’Orchestre (l’échevin Jean-Pierre Hupkens) et un couple de Liégeois qui a gagné un voyage à Varsovie lors des concerts proposés par l'OPL sur la place Saint-Lambert en septembre 2010.

 

Une semaine plus tard, à l'invitation des Jeunesses Musicales d'Autriche, l’OPL joue dans la célèbre salle dorée du Musikverein de Vienne, connue dans le monde entier par les concerts télévisés du Nouvel An.   Le dernier passage de l’Orchestre à Vienne remonte au 20 octobre 2005, à l’issue d’une tournée allant de Laon, Rotterdam, Locarno, à Genève et Zagreb. Deux heures avant le concert, les musiciens ne disposent que d’une petite demi-heure pour prendre la température de la salle. Le chef Christoph Campestrin qui, en bon Autrichien, connaît les secrets de cette acoustique, pointe les passages les plus délicats. Le soir du concert, la salle est comble. Parmi les spectateurs, Michel Foret, le gouverneur de la Province de Liège, un authentique mélomane et un fidèle de l’Orchestre, mais aussi la critique Michèle Friche, véritablement séduite :

 

« Dès les premiers appels des quatre cors, d’une impeccable tenue, le Chasseur maudit lançait sa course à l’abîme, mystérieuse, embrumée, puis de plus en plus satanique ; Campestrini la mène tambour battant, spectaculaire, dramatique et romantique en diable, avec des musiciens survoltés, mais jamais débridés. Quant aux Variations symphoniques, bien architecturées, elle confirme que le piano ne se positionne pas en soliste, mais en instrument de l’orchestre à part entière, jusqu’à parfois s’y dissoudre. Virtuose hors du commun, Cédric Tiberghien peut aussi se métamorphoser en magicien au toucher impalpable [..] !

 

La seconde partie se dédie à Ravel, avec Daphnis et Chloé (2e suite) et le Boléro : quoi de mieux pour permettre aux musiciens de dévoiler la palette de leur jeu, soliste à tour de rôle, d’une superbe concentration ? Au sommet parmi ses pairs, une jeune flûtiste nous a offert de la magie pure, au souffle infaillible, à la ligne digne du plus beau bel canto : Lieve Goossens, saluée d’une formidable ovation. Le Boléro, sur l’inexorable cadence de la caisse claire, démarre par d’infimes nuances avant de se déployer dans un crescendo de plus en plus violent, forcené, jusqu’à la saturation. Idéal pour entraîner l’explosion de joie du Musikverein, réitérée après la berceuse et le finale de L’Oiseau de feu en bis. Le délire dans la salle […] ! » (Michèle FRICHE, Le Soir, 30 mai 2011).

 

 

Yossif Ivanov et l'OPL, Varsovie, salle de la Philharmonie,  17 mai 2011 (Photo  Agnieszka Deluga-Góra).
Yossif Ivanov et l'OPL, Varsovie, salle de la Philharmonie, 17 mai 2011 (Photo Agnieszka Deluga-Góra).
Louis Langrée et l'OPL à la salle de la Philharmonie de Varsovie, 17 mai 2011 (Photo Agnieszka Deluga-Góra).
Louis Langrée et l'OPL à la salle de la Philharmonie de Varsovie, 17 mai 2011 (Photo Agnieszka Deluga-Góra).
Répétition avec Cédric Tiberghien, Vienne, Musikverein, 24 mai 2011 (Photo Robert Coheur).
Répétition avec Cédric Tiberghien, Vienne, Musikverein, 24 mai 2011 (Photo Robert Coheur).
Répétition avec Christoph Campestrini, Vienne, Musikverein, 24 mai 2011 (Photo Robert Coheur).
Répétition avec Christoph Campestrini, Vienne, Musikverein, 24 mai 2011 (Photo Robert Coheur).
Concert de l'OPL à Vienne, Musikverein, 24 mai 2011 (Photo Robert Coheur).
Concert de l'OPL à Vienne, Musikverein, 24 mai 2011 (Photo Robert Coheur).
19.07.2011
10:08

La Suisse des années 70

En avril 1970, l’Orchestre de Liège est invité à Locarno et à Bâle sous le patronage de l’Ambassadeur de Belgique en Suisse. La critique suisse est surprise par les qualités de l’Orchestre :

 

« On fait toujours l’expérience qu’à côté des orchestres mondialement connus, il en est d’autres qui le sont peu chez nous et qui soutiennent parfaitement la comparaison avec les premiers : ce fut le cas pour l’Orchestre de Liège. Dès les premières mesures, on apprit qu’il s’agissait d’un ensemble éminent qu’il y a plaisir à entendre. Notons spécialement les cordes (nous pensons au chant parfait des violoncelles et des altos) et l’éclat des bois et des cuivres). Aux pupitres, il y a non seulement des maîtres de leur art, mais des musiciens qui suivent avec intuition les visions de leur chef. Paul Strauss est un éminent chef d’orchestre à la technique exempte d’affectations. Tout en entrant aimablement dans les détails poétiques, il ne perd à aucun moment la grande ligne. Il s’ensuit une musique qui vous prend, avec des moments de contemplation et d’émotion lyriques. Dans des conditions si heureuses, le concert fut non seulement une jouissance hautement musicale, mai aussi un événement. » (Basellandschaftliche Zeitung, 8 avril 1970)

 

Le succès ces concerts permet à l’Orchestre de décrocher sa première tournée en Suisse. Du 8 au 12 octobre 1972, les musiciens se font connaître à Bâle, Fribourg, Bienne, Zurich (où Strauss a déjà son public) et Genève. Lola Bobesco et Arthur Grumiaux, le gratin des violonistes belges de l’époque, accompagnent les musiciens. La première s’impose dans le Concerto en mi mineur de Mendelssohn, le second dans le Troisième Concerto de Mozart. Mendelssohn est intercalé entre la Symphonie n°31 « Paris » de Mozart et le Concerto pour orchestre de Bartók où la virtuosité des instrumentistes est à son sommet. Le Concerto de Mozart se glisse entre le Chasseur maudit de Franck et L’Oiseau de feu de Stravinsky. Les concerts impressionnent le public. Ils permettent d’oublier quelque peu les inconvénients de l’hôtellerie suisse de l’époque : les chambres sont vieillottes, petites, étriquées, les sommiers des lits pas toujours neufs. Certains se souviennent de chambres « garnies » de toiles d’araignées ou inondées…

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Musiciens de l'Orchestre de Liège à Locarno, avril 1970 (Archives Calogero Giglia et Micheline Potier).
Musiciens de l'Orchestre de Liège à Locarno, avril 1970 (Archives Calogero Giglia et Micheline Potier).
Retour en train de Locarno, avril 1970 (Archives Gabrielle L'Herbon de Lussat).
Retour en train de Locarno, avril 1970 (Archives Gabrielle L'Herbon de Lussat).
18.07.2011
11:34

Le rêve sud américain (2/2)

Le 20 août, on est à Rio de Janeiro. Le temps libre est malheureusement bien court pour profiter d’Ipanema, de Copacabana, du Corcovado ou du pain de sucre. Le concert à lieu au Theatro Municipal. Susan Graham n’en est pas. A sa place, le virtuosissime trompettiste russe Sergei Nakariakov dans le Concerto de Hummel. Le lendemain, cap sur Montevideo, la capitale de l’Uruguay, avec une longue escale de trois heures à Porto Alegre. Une nouvelle angoisse attend l’Orchestre. Le camion qui transporte les instruments des musiciens est bloqué en Argentine, nul ne sait s’ils arriveront au Teatro Solis à temps, d’autant que le seul pont sur le Rio de la Plata est encombré par un gigantesque bouchon. Pas de camion pour la répétition de 18h. Le concert prévu à 19h30. Lorsque le camion arrive, l’équipe de régie accomplit des miracles pour que les instruments soient installés sur scènes en un temps record. Le concert commence avec une heure de retard. L’histoire ne fait que se répéter puisqu’un pareil incident s’était produit à Montevideo avec l’OPL dix ans plus tôt, le concert avait commencé cette fois-là  avec de deux heures de retard…

 

Tous ces tracas n’empêchent pas un excellent concert qui impressionne le critique d’El Pais : « La Mer de Debussy a été servie par une lecture parfaite qui ne peut qu’emporter l’adhésion. Rophé a atteint dans cette œuvre un des sommets de son art de diriger. Sa capacité à transformer la partition en images plastiques a ensorcelé l’auditeur et arraché des applaudissements nourris qui ont poussé l’Orchestre à offrir un bis de Ravel […]. Ce fut une soirée inoubliable. » (Fernando MANFREDI, El Pais, 25 août 2008).

 

Les 25 et 26 août, c’est au tour de Buenos Aires d’accueillir l’Orchestre, malheureusement pas au Teatro Colon, toujours fermé pour d’interminables travaux, mais au Coliseo devant plus de 3500 personnes. Triomphe pour Susan Graham, l’Orchestre et Pascal Rophé. La tournée s’achève à Rosario, à 300 km au Nord-Ouest de Buenos Aires, qui dispose d’un élégant théâtre à l’italienne, El Circulo.

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Concert avec Sergei Nakariakov, Theatro Municipal, Rio de Janeiro 20 août 2008 (Archives OPL).
Concert avec Sergei Nakariakov, Theatro Municipal, Rio de Janeiro 20 août 2008 (Archives OPL).
Concert à Montevideo, Teatro Solis, 22 août 2008 (Archives OPL).
Concert à Montevideo, Teatro Solis, 22 août 2008 (Archives OPL).
Concert avec Susan Graham, Teatro Coliseo, Buenos Aires, 25 août 2008 (Archives OPL).
Concert avec Susan Graham, Teatro Coliseo, Buenos Aires, 25 août 2008 (Archives OPL).
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